En 2026, Val&co vous invitait à parcourir toutes les dimensions de l’écriture.

SANS VERGOGNE
le blog littéraire sans limites
Il n’y a aucun excès dans ce nom de mon futur blog, seulement un hommage rendu à quelqu’un qui m’est cher et qui partage mon goût pour un vocabulaire parfois suranné mais si évocateur. Je vous explique le reste de l’histoire de ce blog ci-dessous.
Peut-on encore parler de littérature quand une grande majorité de ce qui est écrit l’est désormais avec ou directement par une intelligence artificielle ? Et s’il est toujours possible de parler de littérature quel sens cela peut-il avoir ? Et doit-on justement intégrer les productions de l’IA dans une telle chronique ? Voici d’où est partie ma réflexion sur le sens de ce blog.
Si l’on en croit le dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey, qui reste ma référence, la littérature appartient toujours à son temps. Elle enregistre d’ailleurs le plus souvent les soubresauts de son époque comme en témoigne notre célèbre bataille d’Hernani. Constamment, dans le champ littéraire, s’affrontent les courants de la pensée de l’époque et ce, quelles que soient les formes qu’empruntent par ailleurs les écrits : poésie, roman, texte philosophique ou discours politique.
Ceci plaide donc pour que l’IA ait sa place dans un blog littéraire. Toutefois cette place ne peut être que minime car il ne s’agit que d’un outil, un de plus, ajouté à la palette des littérateurs de toute obédience.
Ceux qui, comme moi, ont connu la machine à écrire, pourraient témoigner des modifications apportées à leur style lors du passage à ce qu’on appelait alors le traitement de texte. Entre parenthèses, ce terme, pas très joli, pourrait presque mieux s’appliquer à ce que fait l’IA à nos écrits. Je me souviens des débats que nous avions alors sur la manière de travailler avec ce nouvel outil. Certains persistaient à produire un premier jet à la main, quand d’autres réservaient leur stylo à l’élaboration du plan, les plus audacieux se lançant directement sur la page vierge. Quelques décennies plus tard, la question ne se pose plus et tous nous usons et abusons de la possibilité qu’offre le traitement de texte de détruire, reconstruire, puis redétruire nos textes.
L’IA est donc l’outil de plus. Celui que l’on rajoute le plus souvent avant d’écrire. Car nul n’imagine, parmi ceux qui écrivent, laisser à l’outil, ce qui est notre privilège tout autant que notre damnation, à savoir la capacité à rédiger donc à élaborer une pensée autonome et spécifique. En revanche, tester des idées, imaginer des scénarios, pour finalement ne rien utiliser parfois ? Bien sûr !
Mais l’écriture, elle, reste propre à l’auteur. Inutile en effet de rajouter de l’artificiel à ce qu’est déjà la création : un artifice ! C’est pourquoi, pas plus que l’on ne parle de traitement de texte, il ne sera pas question d’IA ici. Car elle va progressivement devenir un non-sujet.
Surtout parce que le lecteur, même s’il s’intéresse à la forme littéraire en soi, ne se soucie que peu de l’outil employé. D’ailleurs, tous les lecteurs ne s’entichent pas du style. Il est probable que cela reste un biais un brin désuet d’une génération biberonnée au Lagarde et Michard. Biberonnée ou traumatisée, d’ailleurs. Ce qui est commun à tous les lecteurs est l’émotion, l’exaltation, le plaisir ou la peine même, éprouvées à la lecture d’un ouvrage.
C’est pourquoi ce blog explorera la littérature selon ces deux dimensions : le style d’une part, l’histoire de l’autre. Toutefois pour éviter de s’enferrer dans une dichotomie ennuyeuse, tous les types d’écrits seront invités à la page : les articles sur l’avenir de la littérature et ceux critiques d’un auteur, des notes de lectures, des parutions sur les réseaux et surtout, surtout, des coups de cœur ou des coups de gueules.
Car vous l’aurez compris à son nom, ce blog n’a d’autre ambition que d’être un espace de liberté sans limites autres que celle que je me fixerai. D’où le Sans Vergogne !